
Le marais de Saint-Omer, véritable joyau naturel du Nord, est un lieu unique en France. Avec ses 3 700 hectares de zones humides, ses 700 kilomètres de canaux et sa biodiversité incroyable, il a été reconnu Réserve de biosphère UNESCO en 2013. Pourtant, ce paradis est fragile : pression urbaine, pollution, changement climatique, espèces invasives… La liste des menaces est longue.
Heureusement, les habitants, les associations, les agriculteurs et les institutions locales ne baissent pas les bras. Chaque année, des dizaines d’initiatives sont mises en place pour protéger ce patrimoine vivant.
Dans cet article, on plonge au cœur de ces actions concrètes, souvent méconnues, qui façonnent l’avenir du marais Audomarois.
Sommaire
La CAPSO, chef d’orchestre de la transition écologique

La Communauté d’Agglomération du Pays de Saint-Omer (CAPSO) est l’un des piliers de la préservation du marais.
Le PCAET (Plan Climat Air Énergie Territorial)
Le PCAET n’est pas qu’un document administratif. C’est une boîte à outils locale qui vise à :
- Réduire les émissions de CO₂ ;
- Améliorer la qualité de l’air ;
- Développer les filières locales durables (circuits courts, bio) ;
- Encourager la mobilité douce et la sobriété énergétique.
Le PMAZH (Programme de Maintien de l’Agriculture en Zone Humide)
Créé en 2016, ce programme accompagne les maraîchers et éleveurs du marais vers des pratiques plus respectueuses.
- Valorisation des prairies humides via le pâturage adapté ;
- Réduction des intrants chimiques ;
- Autonomie fourragère pour les éleveurs ;
- Appui vétérinaire pour limiter les antiparasitaires.
Mais le PMAZH, c’est aussi un vivier de projets innovants :
- Natur’Paysan : magasin collectif qui valorise les produits fermiers locaux ;
- La Légumerie du marais Audomarois : qui transforme des légumes en emplois adaptés ;
- Une conserverie mobile : pour valoriser les surplus de légumes ;
- Les AMAP Morinie : circuits courts solidaires entre maraîchers et habitants ;
- Les Jardins du Marais et la Ferme du Zuidbrouck, pionniers du bio ;
- Une formation BPREA en maraîchage bio, qui forme de nouveaux acteurs du territoire.
Ces actions montrent que l’agriculture peut être un allié de la biodiversité.
L’opération « Plantons le décor »
Chaque hiver, la CAPSO propose aux habitants d’acheter des plants d’essences locales à prix groupés. Objectif : restaurer les haies bocagères et favoriser la biodiversité dans les jardins et exploitations.
L’eau, le poumon du marais

Sans eau, pas de marais.
Le SAGE (Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux)
Révisé en 2025, le SAGE fixe les règles de gestion de l’eau dans tout le bassin du marais.
Il coordonne syndicats, communes, agriculteurs et habitants pour :
- Entretenir les canaux ;
- Améliorer la qualité de l’eau ;
- Prévenir les risques d’inondation.
Les campagnes « Marais Propre »
Chaque année, des associations, écoles et riverains se mobilisent pour ramasser des tonnes de déchets sur les berges. Ces journées sont aussi des moments pédagogiques pour les jeunes générations.
La lutte contre les espèces invasives
Les syndicats de l’eau (SMAGEAa, SYMSAGEL, MELDE) mènent un combat permanent contre :
- La jussie, plante aquatique qui asphyxie les canaux ;
- Le rat musqué, qui détruit les berges ;
- La renouée du Japon, qui envahit les milieux.
Exemple marquant : en une semaine, 55 bénévoles ont arraché 80 m³ de jussie grâce à un chantier collectif.
Les corridors écologiques, une autoroute pour la biodiversité

La Trame Verte et Bleue (TVB)
Déployée localement, la TVB relie les zones naturelles isolées pour que la faune et la flore puissent circuler.
- Restauration de haies ;
- Suivi via le portail ARCH open data ;
- Projets de science participative avec les habitants.
Le projet Clim@YserAa
Porté par le Parc naturel régional des Caps et Marais d’Opale, ce projet transfrontalier crée un corridor écologique entre le marais Audomarois et la plaine de l’Yser, côté belge.
Un exemple concret de coopération européenne pour la biodiversité.
La fierté UNESCO : la Réserve de biosphère

Labellisé en 2013, le marais Audomarois est une Réserve de biosphère UNESCO.
Les Trophées de la Réserve de biosphère
Chaque année, écoles, associations, collectivités, agriculteurs et entreprises sont récompensés pour leurs initiatives.
Exemples :
- Potagers pédagogiques dans les écoles ;
- Restauration de berges par des associations ;
- Innovations agricoles respectueuses du milieu.
Une extension en 2023
Le périmètre a été élargi aux vallées de l’Aa et de la Hem, pour renforcer le lien entre les paysages, l’agriculture et la biodiversité.
Sensibiliser par la pédagogie et la culture

Le rôle du Parc naturel régional
Le Parc organise des ateliers pédagogiques, des visites scolaires et des formations pour les habitants.
Le projet « Sol vivant ! »
Une résidence artistique a permis de sensibiliser les habitants à l’importance des sols à travers des ateliers créatifs et participatifs.
La réserve du Romelaëre (Eden 62)
- Sentiers pédagogiques accessibles à tous,
- Observatoires pour observer la faune,
- Visites guidées de mars à décembre,
- Gestion écologique par le pâturage.
Ce site Natura 2000 est un lieu d’éducation à la nature incontournable.
Et si le marais disparaissait demain ?

Disparition progressive des zones humides
- Les canaux et becques s’envasent sans entretien → l’eau circule mal.
- Les terres s’assèchent l’été et s’inondent l’hiver.
- Les prairies humides, essentielles à la biodiversité, se transforment en friches ou en champs drainés.
Conséquence : le marais perd son rôle naturel d’éponge climatique (stockage d’eau en hiver, régulation en été).
Effondrement de la biodiversité
- Les espèces emblématiques (butor étoilé, martin-pêcheur, libellules rares) disparaîtraient faute d’habitats.
- Les poissons et batraciens souffriraient de la pollution et du manque d’eau.
- Les plantes typiques des zones humides (nénuphars, iris jaunes) reculeraient, remplacées par des espèces banales.
Conséquence : un paysage appauvri, moins attractif pour les visiteurs et les habitants.
Invasion des espèces exotiques
Sans action humaine, des espèces invasives comme :
- la jussie (plante aquatique envahissante),
- la renouée du Japon,
- le rat musqué,
prendraient le dessus et étoufferaient la flore et la faune locales.
Conséquence : un milieu déséquilibré, où les espèces locales n’arrivent plus à survivre.
Problèmes pour l’agriculture et la vie locale
- Les maraîchers, déjà fragilisés, auraient des parcelles impraticables (trop sèches ou trop inondées).
- Les habitants subiraient plus souvent des inondations ou au contraire des sécheresses.
- La ressource en eau deviendrait moins fiable et plus coûteuse à gérer.
Perte d’un patrimoine culturel et touristique
- Moins de visiteurs → baisse de l’activité économique locale (restaurants, locations de barques, hébergements).
- Disparition des savoir-faire traditionnels (culture en zone humide, barques maraîchères).
Perte d’un cadre de vie unique pour les habitants.
Associations et habitants : une mobilisation citoyenne

Les habitants peuvent tout à fait s’impliquer dans la préservation du marais Audomarois à travers plusieurs associations, collectifs et programmes. En réalité, la mobilisation citoyenne est l’un des piliers de la protection du marais.
Rejoindre une association locale
Plusieurs associations sont actives dans la sauvegarde du marais et accueillent des bénévoles :
- Eden 62 : gestionnaire de la réserve naturelle du Romelaëre, organise des sorties nature, chantiers écologiques et animations pédagogiques.
- Les amis du Romelaëre : association de bénévoles qui soutient les actions de la réserve (sensibilisation, entretien, accueil du public).
- Les éco-acteurs de la réserve de biosphère (réseau coordonné par le Parc naturel régional) : habitants, entreprises, producteurs, associations labellisés qui s’engagent pour un tourisme et une économie durables.
- Associations environnementales régionales (MELDE, CPIE Flandre Maritime, etc.) qui organisent aussi des chantiers nature.
Participer aux opérations citoyennes
- Opération « Marais Propre » : journée annuelle de nettoyage des berges où habitants, écoles et associations se retrouvent pour ramasser les déchets.
- Chantiers participatifs contre les invasives (exemple : arrachage de la jussie avec des bénévoles).
- Plantons le décor : campagne de plantation de haies et d’arbres locaux à laquelle tout citoyen peut participer en commandant ses plants.
S’engager comme bénévole ou sentinelle
- Devenir sentinelle de la biodiversité : signaler la présence d’espèces invasives ou protégées, participer à des inventaires naturalistes (via des programmes comme Vigie-Nature ou les sciences participatives locales).
- Aider à l’accueil du public sur les sentiers du Romelaëre ou lors d’événements nature organisés par le Parc naturel régional.
Agir à l’échelle individuelle ou familiale
- Adopter un jardin naturel (plantes locales, pas de pesticides).
- Privilégier les producteurs locaux engagés dans le PMAZH ou les AMAP.
- Se déplacer en barques électriques ou à vélo pour réduire l’impact touristique.
- Sensibiliser ses enfants via les ateliers proposés par les associations ou les écoles partenaires.
Les défis de demain
- Changement climatique : inondations hivernales, sécheresses estivales.
- Urbanisation : pression foncière.
- Économie locale : équilibre entre agriculture, tourisme et écologie.
Solutions possibles :
- Développer encore plus le tourisme doux (barques électriques, visites guidées) ;
- Soutenir les filières bio et circuits courts ;
- Former les habitants et les jeunes à la préservation.
Conclusion : tous acteurs du marais

Le marais Audomarois n’est pas qu’un décor : c’est un territoire vivant.
Grâce aux actions de la CAPSO, du Parc naturel, des syndicats de l’eau, des associations, des agriculteurs et des habitants, il avance vers un modèle durable et inspirant.
Chez Au Bon Accueil, nous sommes fiers d’être labellisés éco-acteurs et de contribuer à cet effort collectif.
Vous aussi, adoptez les bons gestes :
- Respectez la nature lors de vos balades ;
- Soutenez les producteurs locaux ;
- Participez aux animations et aux nettoyages collectifs.
Ensemble, faisons en sorte que le marais Audomarois reste un lieu de vie et d’émerveillement pour les générations futures.





Laisser un commentaire